Projet Galileo: un astrophysicien lance la grande traque des ovnis

L’astrophysicien de Harvard, Avi Loeb, a reuni des fonds pour lancer le plus important projet de detection des ovnis dans le monde. Une ambition qui se heurte à pas mal de scepticisme et quelques reticences de l’armee americaine.

Le grand public a decouvert le nom d’Avi Loeb en 2017 lors de l’irruption dans le système solaire d’un mysterieux asteroïde baptise Oumuamua . Il n’a alors pas craint de susciter un tolle dans la communaute scientifique en avançant l’hypothèse hardie que cet objet aux caracteristiques très particulières pourrait être un vaisseau extraterrestre. Mais Avi Loeb ne s’est pas arrête là. Fascine par les incidents impliquant des navires de l’US Navy harceles par des drones d’origine inconnue , il a envoye un mail au chef scientifique de la NASA, Thomas Zurbuchen, pour lui proposer de diriger une etude sur les ovnis financee par le gouvernement, une demande restee lettre morte. Mais, coup de chance, Eugene Jhong, entrepreneur de la Silicon Valley et ancien etudiant de Harvard, lui a offert sans condition un million de dollars après l’avoir entendu parler d’extraterrestres dans un podcast. C’est ainsi qu’est ne en juillet dernier le projet Galileo impliquant une quarantaine d’astronomes et d’ingenieurs qui se sont sont donne pour mission de resoudre le mystère des ovnis.

Si le projet suscite l’adhesion, voire l’enthousiasme de plusieurs scientifiques, qui jugent son initiative utile et novatrice, d’autres se montrent beaucoup plus critiques comme Karen Meech, astronome à l’Universite d’Hawaï : «C’est un bon scientifique. Mais il cherche la gloire. Les rebuffades qu’il a subies l’ont ronge» confie-t-elle au magazine Science . Il lui est aussi reproche d’avoir embarque dans cette aventure plusieurs chercheurs independants comme Nick Pope et Luis Elizondo un peu trop trop convaincus de l’origine extraterrestre des phenomènes aeriens non-identifies .

Malgre ce scepticisme, le projet Galileo prend forme et s’avère ambitieux. Le coeur du dispositif se presente comme un reseau mondial de centaines de petits detecteurs de la taille d’un parapluie, equipes d’objectifs sophistiques, braques sur le ciel. Ils enregistreront tout ce qui passe au-dessus de nos têtes -oiseaux, avions, drones- et un algorithme se chargera de faire de le tri entre le connu et l’inconnu dans cette faramineuse collecte de donnees. Contrairement à Seti qui tente de recueillir au fin fond de l’espace d’eventuels signaux extraterrestres, Galileo se concentre sur notre environnement immediat en privilegiant l’hypothèse que les ovnis sont une realite et que leur provenance «exotique» ne peut pas être exclue

Lors d’une reunion Zoom à laquelle Science a eu accès, Avi Loeb a evoque les meilleurs emplacements pour commencer à disposer les capteurs, en privilegiant par exemple les zones proches des côtes americaines où les bâtiments de l’US Navy ont ete confrontes aux drones non-identifies. Une proposition qui n’a pas emballe l’ancien sous-secretaire adjoint à la defense pour le renseignement, Christopher Mellon, present à cette reunion en tant que chercheur affilie : «Le problème est qu’un bon nombre des zones où nous voyons le plus haut niveau d’activite sont des espaces militaires aeriens restreints. Le ministère de la Defense ne sera pas très enthousiaste à l’idee d’y installer des instruments pour enregistrer tout ce qui se passe» a-t-il explique. Autrement dit, dans sa quête des ovnis, Avi Loeb va devoir marcher sur des oeufs.

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